Journal du festi'val 2026
14/8/26 : Concert d'ouverture aux couleurs de l'espagne
Le Festi’Val Passeurs de musique a donné le coup d’envoi de sa 4ᵉ édition ce vendredi 14 août, à l’église de Villé. Mélomanes de la vallée et d’ailleurs se sont retrouvés pour une soirée d’ouverture placée sous le signe de l’Espagne.
Pour cette première soirée, L’Ensemble K était composé d’Élodie Haas et Aline Zeller aux violons, Marie-Andrée Joerger à l’accordéon et Thomas Kaufman à la contrebasse. Formation atypique, voire insolite, pour laquelle il n’existe pas de répertoire original ! Toutes les œuvres ont donc été jouées dans des transcriptions faites par les musiciens eux-mêmes autour des innombrables possibilités de jeux de l’accordéon. Autre point fort de ce programme : une diversité à toute épreuve. Une entrée en matière empreinte de sérénité, avec les Folies d’Espagne, de Marin Marais (célèbre violiste du 17e siècle), des pièces d’inspiration populaire, comme le Chant des oiseaux, de Pablo Casals ou les Chansons populaires espagnoles de Federico García Lorca (assassiné il y a tout juste 90 ans au début de la guerre civile), des grands classiques espagnols comme Granados, Soler et De Falla, et des pièces de grande virtuosité comme l’époustouflant Ibérique péninsulaire, de François Rabbath, pour contrebasse seule ou encore Navarra de Sarasate où l’on a pu admirer la complicité qui lie les deux violonistes, et la vélocité de leurs traits endiablés!
Enfin, deux invitées de marque pour ce concert inaugural consacré à l’Espagne : la voix magnifique de Narimène Bey, soprano colorature, dans les chansons de Lorca et Manuel de Falla, ou encore en bis la célèbre Habanera de Carmen ; enfin, le talent et l’élégance de Lou Baeza, danseuse de flamenco, dont les robes chatoyantes ont virevolté au rythme de la musique de l’Ensemble K …et des castagnettes !.
À l’issue du concert, le public a volontiers prolongé la soirée autour d’une buvette espagnole, avec tapas et sangria. L’occasion de partager ses impressions, d’échanger avec les artistes et l’équipe du festival, mais aussi de découvrir les prochains rendez-vous de cette 4ᵉ édition.
Lors du discours d’introduction, l’association a également rappelé les difficultés économiques auxquelles le monde de la culture est aujourd’hui confronté, et invité le public à soutenir le festival en venant nombreux aux prochains concerts.
Une première soirée qui aura ainsi donné le ton de cette nouvelle édition : de la musique, des rencontres, du partage et l’envie de faire vivre la culture au cœur de la Vallée de Villé.
1s/8/26 : Confluences lyriques arabo-andalouses
Pour cette deuxième soirée du Festi’Val Passeurs de musique, l’église de Saint-Martin a vibré au son de la voix puissante et expressive de Narimène Bey et de la virtuosité du pianiste Cyril Van Ginneken. Leur compère Mehdi Askeur, souffrant, n’ayant malheureusement pas pu être présent, les deux artistes ont dû repenser le programme initial. Ils ont proposé deux concerts différents, mais parfaitement complémentaires, offrant au public un véritable voyage musical entre Espagne et Orient.
Le premier concert, donné à 18h, était consacré à la musique classique espagnole. Cyril Van Ginneken a ouvert la soirée avec une danse espagnole de Granados, avant d’accompagner Narimène Bey dans plusieurs extraits des Sept chansons populaires espagnoles, de Manuel de Falla. Le duo a ensuite interprété Las Tres Hojas, de Federico García Lorca, ainsi que Le Sabre de Saint-Saëns.
Le public s’est ensuite laissé complètement emporter par la Vocalise en forme de habanera, d’après Ravel, où la voix de Narimène Bey a déployé toute sa puissance et son agilité. Pour conclure ce premier rendez-vous, Cyril Van Ginneken a offert une magnifique improvisation au piano autour du thème de la Follia. Un moment de liberté et de virtuosité particulièrement apprécié du public, qui a chaleureusement salué les deux artistes.
Durant l’entracte, les spectateurs ont pu prolonger ce voyage en découvrant de délicieuses spécialités orientales proposées à la buvette. Un grand merci au Conseil de fabrique de Saint-Martin pour son accueil et pour l’organisation de ce moment convivial, qui a permis au public de se retrouver et d’échanger avant la seconde partie de la soirée.
Le deuxième concert a proposé une toute autre atmosphère, tout en faisant écho au premier. Après l’Espagne, les artistes nous ont emmenés vers l’Orient, avec un répertoire chanté en arabe par Narimène Bey. Entre les œuvres, la chanteuse a pris le temps d’en expliquer le sens, les origines et parfois les histoires qu’elles racontent, permettant au public de mieux entrer dans cet univers musical et culturel. En complément de ce programme, nous avons pu entendre les Adieux de l’hôtesse arabe, de Georges Bizet sur des vers de Victor Hugo, et Cyril van Ginneken nous a offert une magnifique interprétation d’Asturias, Leyenda, extraite de la suite espagnole d’Isaac Albeníz.

